c'est quoi une coupe menstruelle

Ma cup menstruelle lunacopine – Judith – L’expérience et l’avis d’une cupophile convaincue

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La cup menstruelle et Judith – Son expérience

La cup menstruelle lunacopine d’une cupophile

Ma cup menstruelle lunacopine.

Je m’appelle Judith. J’ai 37 ans, pas d’enfants, et je suis cupophile.

(« Bonjour Judith !!! » Bienvenue chez les cupophiles anonymes !)

Je souffre énormément de cystites chroniques ; aussi, un jour, un toubib qui s’était réorienté en plantes et qui me semblait vaguement new age m’avait parlé de la cup comme d’une aide envisageable pour mes problèmes. C’était il y a plus de dix ans, mais je ne m’étais pas intéressée plus que ça à la question.

 

Ses débuts sur fond d’écologie. Bio or not Bio ?

Mais il y a maintenant environ cinq ou six ans, à force de m’intéresser à l’écologie et à tout ce qui rentrait, de gré ou de force, et sans que je m’en aperçoive, dans mon corps, j’ai lu dans le magazine du magasin bio un article sur la cup. J’ai voulu essayer immédiatement, ravie à la perspective surtout de ne plus me coller de tampons dans le vagin – qu’il fallait ressortir d’une façon ou d’une autre, et le côté

 Tire sur la languette du Flanby n’était pas ce que je trouvais le plus glamour dans ma vie

mais surtout jeter. Où ? Dans les toilettes ? Ça ne les bouche pas ? Dans la poubelle ? Merci le marécage… et ça finit où ?

Je me suis convaincue avant même d’utiliser la cup que ma culpabilité personnelle se sentirait plus légère à l’idée de ne plus produire de coton (énormes besoins d’eau et de pesticides) par des esclaves souvent même pas ados (no comment), blanchi à grand renfort de chimie humainement répréhensible, et de me carrer ça dans un lieu que j’espérais plutôt préservé des agressions extérieures.

coupe menstruelle judith
J’ai donc très facilement trouvé ma première cup au magasin bio à côté de chez moi (c’est une lunacopine). Cela m’a d’ailleurs surprise, car je n’avais finalement jamais vraiment entendu parler de ce système et j’avais un peu l’impression de faire un truc de vieille hippie dégueu. D’ailleurs j’en avais parlé à la gynéco et à divers urologues, qui ne connaissaient pas. Les premières fois cela n’a pas été très facile : le mode d’emploi fourni était très clair, mais il m’a fallu quelques jours pour trouver le bon positionnement.


Au début, j’avais acheté une taille trop grande pour moi : je n’ai pas eu d’enfants et il semblerait que mon petit gabarit se retrouve proportionnellement dans tous mes organes… du coup j’avais l’impression que la cup appuyait un peu sur d’autres parois que celles seules du vagin, et c’était peu agréable à la pose ; malgré tout, j’avais tout de même des fuites car je pense que je ne la positionnais pas bien. J’avais peur de ne pas pouvoir retirer la cup quand je le souhaitais, et j’avoue que dans le stress et les mauvaises postures il m’est arrivé quelques accidents dommageables, notamment au retrait de la cup pour la vider. J’ai donc acheté une cup à la bonne taille et lu quelques commentaires sur internet qui m’ont persuadée que le mal venait de moi et de mon manque d’expérience.

En effet, aujourd’hui je ne la sens plus du tout, et la pose comme le retrait sont extrêmement simples. Cela veut dire aussi que je maîtrise mieux certains muscles, qui ont une utilité bien plus agréable que simplement celle de pouvoir pousser la cup hors de soi, héhé ! Pour la nuit, de même au début j’ai eu quelques fuites, mais cela venait d’un mauvais positionnement et tout s’est réglé facilement avec un peu d’entraînement et de persévérance.

Ma mésaventure avec le stérilet non hormonal

coupe menstruelle judith (3)La vie était belle, mais il y a trois ans j’ai voulu avoir un stérilet non hormonal. Ça a été l’enfer absolu : je pouvais ouvrir une charcuterie à chaque cycle. Même la cup de grande taille ne me suffisait plus. Il fallait la vider toutes les deux heures et, dans la mesure où elle était pleine à ras bord, c’était assez périlleux. Il m’est arrivé quelquefois de me trouver dans des situations assez embarrassantes, mais même dans ce cas je n’ai jamais regretté d’être avec ma cup. Je préfère galérer quelques jours par mois plutôt que de me trimbaler des brouettes de Patacu ou des serviettes dignes de Mémé-les-grandes-eaux.

Pour éviter les fuites, je portais donc des protège-slip lavables (très compliqués à trouver), et je me changeais plus souvent. Maintenant que j’ai éjecté le stérilet de ma vie, et que tout est rentré dans l’ordre, je retrouve le confort de ma cup, qu’on en vient à oublier…

La cup menstruelle: Répugnante, sale,  ?

coupe menstruelle judith (4)Sans compter qu’on n’a plus à faire pipi sur la ficelle, ce que je trouve assez répugnant. C’est vrai que se retrouver dans des chiottes à la turque sur une aire d’autoroute africaine, sans savon et sans papier, peut poser problème et sembler difficilement surmontable. Mais d’une part j’ai appris avec le temps à retirer une cup pleine sans en jeter plein les murs et en économisant mes doigts. Et d’autre part, somme toute, un mouchoir en papier suffit à la retirer, la vider et la replacer sans trop de peine et sans ruiner sa manucure, jusqu’à trouver de l’eau pour se rincer la paluche. Certes, cela peut paraître assez répugnant de simplement s’essuyer des doigts qui ont touché le sang menstruel –

mais si l’on y réfléchit bien c’est malgré tout un milliard de fois moins immonde que toucher la poignée de porte des chiottes en question…

Il est vrai toutefois qu’il est plus agréable d’avoir un lave-mains à sa portée ; mais dans un cadre ordinaire, la cup peut être gardée une journée avant d’être vidée, et cela permet aisément d’attendre de se trouver dans un contexte facile.

Son sentiment sur la cup menstruelle

cup menstruelle lunacopineJ’ai l’impression d’être libre et propre ; je n’achète plus de protections, je me sens vraiment plus écolo, et chaque fois que je vide la cup dans les toilettes j’ai l’impression de faire une bonne action, naturelle et juste. Enfin, je me souviens que le toubib qui m’avait parlé de la cup pour la première fois m’avait dit qu’il ne fallait pas avoir peur du sang. Je n’ai pas peur, ça tombe bien ; et malgré tout l’emploi de la cup m’a permis de me familiariser avec ce sang-là. C’est étrange, mais vider chaque jour ce liquide bien fluide, ce beau sang très rouge, clair et limpide, et qui ne sent rien du tout, qui semble me dire que je suis en bonne santé, qui, au fond, est propre, cela m’a fait plaisir – un peu réconciliée avec les règles.

Ce n’est pas sale, la menstruation, mais avec un tampon cela devient vite répugnant – et avec une serviette n’en parlons pas.

Je ne reviendrais pour rien au monde à ce type de protection, vendues à grand renfort de marketing et de filles joyeuses qui font du sport en sentant bon. Moi, je n’en ai plus besoin pour avoir la fraîcheur Narta. Je suis libre, riche (enfin, moins pauvre), je fais du sport sans souci, et écolo. Et moi qui suis hyper coincée, je n’ai plus ma petite honte mensuelle à passer la patacu à la caisse.

Et  je suppose que c’est lié à plein d’autres choses aussi, mais – je n’ai quasiment plus de cystites.

Je ne connais quasiment personne qui utilise la cup ; je ne comprends pas pourquoi, et la seule explication que je trouve vient du marketing… et en plus de tous les avantages que j’y trouve, j’éprouve une intense fierté à l’idée de ne pas être un mouton, et de pouvoir jeter mon sang à la face du monde si l’envie m’en prend!

La rédaction : Merci à Judith pour son témoignage. Vraiment, on ADORE.

Si vous aussi, il vous vient à l’idée de raconter votre vie avec votre cup, vos déboires, vos coups de gueule, écrivez-nous à lesanglaisontdebarque.com@gmail.com – On publiera tout ça avec plaisir pour faire avancer les choses….

 

 

 

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2 commentaires

  1. Super article, je me suis retrouvée dans plusieurs de tes phrases et je pense que la majorité des cupophiles doivent ressentir la même liberté que toi (et moi pour le coup).
    Il ne reste plus qu’à continuer d’en parler autour de nous, un jour elle sera élue protection périodique n1 j’en suis sûre !!

  2. Salut,
    J’ai une coup menstruelle, aussi. Super article!
    Ici, en Allemagne, beaucoup de personnes ne connaissent pas les coups menstruelles. Nous ne les pouvons pas acheté dans les magasins . J’ai les achetais sur l’internet. Et je suis très contente! :))
    Vicky

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